Christoph Poppen, un éminent musicien allemand bâtisseur d’avenir au Portugal

Christoph Poppen à Marvão. Photo © Paolo Gouveia

Christoph Poppen à Marvão. Photo © Paulo Gouveia

À flanc de montagne d’une région reculée du Portugal, le violoniste et chef d’orchestre allemand Christoph Poppen a décidé d’accrocher depuis deux ans de la musique. Tandis que les restrictions budgétaires condamnent en divers pays de nombreuses manifestations à la disette et à la fermeture, il a réussi – bien soutenu, il est vrai, par des capitaux allemands, en sus des subventions locales – à créer le Festival international de musique de Marvão (www.marvaomusic.com), espérant faire rayonner depuis ces sommets un message de paix puisqu’il a convié des représentants du Christianisme, du Judaïsme, de l’Islam à se rencontrer, et invité des artistes d’Inde, d’Iran, du Brésil à s’unir aux Européens avec leurs instruments ou leurs voix respectifs. L’occasion tombait à point nommé pour rencontrer ce musicien complet dont le répertoire considérable embrasse les genres (chambristes et orchestraux) et les siècles (des maîtres du XVIIIème siècle à la jeune génération) avec une pertinence singulièrement affûtée (http://www.christophpoppen.com/). Une présence inoubliable, celle de Claudio Abbado (autre homme de paix, éveilleur des consciences), ayant étendu son  influence sur nos pratiques respectives, je désirais l’interroger sur quelques aspects qui me semblaient se situer dans cette féconde lignée.

S.F. :L’une des règles d’or de Claudio Abbado était de considérer la relation entre le chef et les musiciens de l’orchestre comme une pratique de “musique de chambre élargie”, reposant sur l’art de développer l’écoute mutuelle. Il me semble que, par votre expérience multiple, vous êtes idéalement placé pour prolonger cette manière de pratiquer la direction.

Chr. P. : – C’est une très bonne question. Je suis violoniste, j’ai joué en quatuor à cordes [co-fondateur en 1978 du fameux Quatuor Cherubini], en formations de musique de chambre, et j’en suis venu à diriger des orchestres de chambre et symphoniques. En tant que chef, je professe que chaque musicien a la même importance ; le chef doit servir la musique et les musiciens car, contrairement aux instrumentistes, il ne produit pas de son par lui-même ; la musique sort d’autres corps, elle vient d’abord du compositeur puis son émission est produite par les instrumentistes de l’orchestre, or notre rôle à nous, chefs d’orchestre, est de les aider. Le principe de la musique de chambre réside dans le fait que chacun écoute réellement ses partenaires ; et ce devrait être l’idée même du jeu orchestral. Naturellement, Claudio Abbado – certainement l’un des plus grands artistes de son siècle – fut pour moi aussi une idole ; bien qu’il n’ait pas été un professeur au sens conventionnel du terme, j’ai beaucoup appris de lui car, régulièrement, il m’appelait comme Konzertmeister [premier violon solo] invité à l’Orchestre de chambre d’Europe qu’il avait fondé, aussi ai-je joué beaucoup de concerts sous sa direction, et je l’adorais ! Il se tenait avec respect derrière la musique et aux côtés des musiciens.
On connaît au contraire des “chefs de pouvoir” dans la lignée de Toscanini, mais aujourd’hui cela n’a plus de sens car, en toutes situations, la démocratie s’est développée. Si nous regardons la gestion des grandes sociétés, le temps n’est plus à une personne dirigeant tout l’édifice, mais à des équipes dirigeantes. Évidemment, en musique, il ne s’agit pas de cela : [en riant] on ne saurait penser à une équipe de chefs d’orchestre ! Le chef doit être “un”, mais “un” qui essaie réellement de faire ressortir le meilleur de tous. Je n’aime pas imposer aux musiciens la manière de jouer, mais plutôt suggérer, comme à une compagnie de solistes. J’aimerais bien que tous les orchestres soient des compagnies de solistes !

S.F. : – En somme, vous vous voyez plutôt comme le 1er violon d’un quatuor.

Chr. P. : – Exactement. “Primus inter pares”. Nous avons à conduire, à prendre les responsabilités, mais si vous considérez les grands quatuors à cordes, aucun ensemble ne peut être meilleur que son premier violon. Quelquefois on remarque un quatuor avec d’excellents altiste et violoncelliste, mais le résultat n’est pas globalement aussi bon, et je réaffirme que l’ensemble du quatuor ne peut sonner meilleur que son premier violon. Je pense que l’on peut appliquer la même idée à l’orchestre et son chef. Il est très difficile pour un orchestre d’être meilleur que le chef… ou alors, si tel était le cas, le chef devrait partir immédiatement ! Donc son influence, sa responsabilité demeurent très importantes, mais l’expérience m’a appris à diriger sans me pousser moi-même au premier plan. L’idéal est de conduire en faisant que les musiciens se sentent heureux, et en les coordonnant.

En tant que quartettiste, j’ai eu de grands professeurs, dont Norbert Brainin, premier violon du Quatuor Amadeus [pendant 40 ans]. Il disait toujours : « Donne-leur une âme, montre-leur comment tu veux jouer, mais ensuite, joue avec eux ». Il avait raison ! 

S.F. :Les cordistes d’un orchestre apprécient particulièrement d’être dirigés par un violoniste ou violoncelliste qui leur ouvre des horizons sur le phrasé, sur les coups d’archet…

Chr. P. : – C’est exact. Cela aide considérablement de comprendre quelque chose au jeu des cordes car c’est tout de même la section la plus fournie de l’orchestre ! Si vous avez le sentiment juste, vous évitez de perdre du temps en répétition par les tâtonnements en matière de coups d’archet.

S.F. :Fournissez-vous en personne les coups d’archet au bibliothécaire de l’orchestre afin qu’il les reporte sur le matériel ?

Chr. P. : – Quand j’ai le temps, je les établis moi-même, en effet.

S.F. :Dans la part de votre activité dévolue à l’enseignement, je remarque que vous avez conservé la musique de chambre.

Chr. P. : – J’enseigne encore le violon et la musique de chambre. Ne disposant que de peu de temps pour l’enseignement – un travail très prenant – je n’ai gardé [à la Hochschule de Munich, après avoir enseigné à Detmold et Berlin] qu’une classe limitée à quelques élèves de haut niveau : violonistes, et groupes de musique de chambre. J’aime beaucoup, par ce biais, revenir à mes origines. Une de mes élèves, Clara Jumi Kang, a d’ailleurs participé cette année au Festival de Marvão.

S.F. :Dans votre enseignement aux cordes, y a-t-il des points de phrasé, de conduite de l’archet, sur lequel vous sentez devoir mettre particulièrement l’accent ?

Chr. P. : – C’est très complexe. Je pense que le plus important est l’expression. La finalité de l’enseignement est de rendre les jeunes artistes plus intensément conscients de ce qu’ils veulent exprimer ; ensuite vient l’étape suivante : comment y parvenir ? Alors entrent naturellement en jeu les questions techniques (phrasés, articulations, doigtés, coups d’archet…). Je pense qu’ils ont besoin de partir de l’idée pour ensuite revenir à la technique instrumentale.

S.F. :J’ai bien compris que les trois facettes de votre pratique – soliste, chambriste, chef d’orchestre – constituent un grand “tout” unifié.

Chr. P. : – Cela me décrit assez exactement, en effet.

S.F. :Il est arrivé que vous jouiez du violon tout en dirigeant.

Chr. P. : – J’ai beaucoup joué avec des ensembles, il y a une douzaine d’années environ, puis la direction d’orchestre est devenue si importante, elle exige tellement de temps pour approfondir les partitions, que j’ai décidé d’arrêter et je n’ai plus joué au cours de ces dix dernières années. Certes, j’ai joué en les dirigeant les Concerti de Bach, de Mozart, mais à partir de Beethoven, je m’y refuse car cela interférerait avec le contrôle de l’orchestre. Je sais bien que du temps de Mozart, ses Concerti étaient joués sans chef – au sens moderne du terme – mais tout de même, si je les joue en soliste, je préfère ne pas les diriger. Mais, après cette longue interruption, le Festival de Marvão m’incite à rejouer.

Christoph Poppen dirigeant lors du Festival de Marvão 2015. Photo © Paulo Gouveia

Christoph Poppen dirigeant lors du Festival de Marvão 2015. Photo © Paulo Gouveia

S.F. :Pourquoi vous, musicien allemand, avoir choisi Marvão, contrée dans les montagnes de l’est du Portugal, à l’écart des grands axes? 255full

Chr. P. : – Ce fut une décision totalement irrationnelle. Je passais des vacances au Portugal avec ma famille, nous vînmes à Marvão et ce site frappa mon cœur. Je n’avais jamais vu un endroit aussi beau ! Il y a là quelque chose d’unique : juché sur de hautes montagnes, vous promenez votre regard alentour sur des kilomètres. Et ce silence !… Un silence tel que je n’en avais jamais expérimenté au cours de ma vie ! Je pensai aussitôt : dans un tel site, je veux faire de la musique. C’est ainsi que naquit l’idée d’un festival, qui connut sa première édition en 2014, limitée à trois jours de concerts, mais la population soutint si fortement cette initiative que cette année, nous nous sommes lancés dans 40 manifestations sur dix jours.

S.F. :Vous avez eu à cœur que la musique portugaise y soit présente.

Chr. P. : – Oui, j’avais dans l’idée que participent beaucoup d’artistes portugais [mentionnons deux orchestres : celui de la Fondation Gulbenkian et l’Orquestra Clássica do Sul ; les chefs d’orchestre Cesário Costa et Joana Carneiro ; le Quarteto de cordas de Matosinhos, le pianiste Raúl Peixoto da Costa, le clarinettiste Horácio Ferreira, l’accordéoniste José Valente ; la fadista Kátia Guerreiro avec Luís Guerreiro à la guitare portugaise ; mais aussi une exposition du sculpteur portugais João Cutileiro…], au milieu des artistes internationaux invités. Cette année, le compositeur mis en vedette était José Vianna da Motta. Il fut probablement le musicien portugais le plus important au tournant des XIXème/ XXème siècles ; toutes ses pièces ne sont pas des chefs-d’œuvre, mais on en trouve de fort belles, et je suis content de les faire entendre. Il n’était malheureusement pas possible – en raison d’impératifs trop compliqués de répétitions – de programmer sa Symphonie A Pátria, mais j’ai programmé son Ouverture D. Inês de Castro (lors du concert inaugural), puis des mélodies [par Juliane Banse, épouse de Christoph Poppen  et ardente interprète d’un répertoire englobant toutes les écoles mondiales de la mélodie et autres répertoires], le quatuor à cordes Cenas nas Montanhas, des pièces pour piano…

S.F. :Pas de compositeurs vivants, alors que vous êtes un si fidèle défenseur de la musique contemporaine ? Un orchestrateur aussi sensible que Luís Tinoco devrait pourtant retenir votre attention.

Chr. P. : – Luís Tinoco est en effet sur ma liste de projets, peut-être pour l’année prochaine. J’attache beaucoup d’importance à la promotion de la musique contemporaine, et si je n’en ai pas encore programmé à Marvão, c’est parce que l’expérience est toute fraîche, et que l’administration du festival m’a recommandé la prudence en matière de budget ! Or la musique d’aujourd’hui coûte cher : songez que l’année dernière, pour un simple air de Franz Lehár (qui ne saurait être qualifié de “musicien contemporain”… mais n’est pas encore tombé dans le domaine public, étant mort en 1948 !), nous avons reçu une facture de plusieurs centaines d’euros en raison des droits à payer ! Pourtant, je veux ouvrir l’année prochaine le festival à la création contemporaine, et pour y parvenir, je m’adresserai à des Fondations allemandes qui en soutiennent la diffusion. Actuellement, nous expérimentons encore, et nous devons attendre de voir comment réagissent les gens, combien viennent de l’extérieur, évaluer  les problèmes logistiques ! À l’issue de ce deuxième festival, nous aurons à décider si nous pouvons poursuivre avec la même ambition [devant le succès de l’édition 2015, les dates sont d’ores et déjà fixées pour 2016 : du 22 au 31 juillet]. Je voudrais aussi amener à Marvão des orchestres internationaux [le Kölner Kammerorchester, dont Christoph Poppen est le directeur artistique, venait cette année], et je suis pour ce faire en pourparlers avec Madrid, qui n’est pas si loin.

S.F. :Quelles institutions assurent le fonctionnement financier du Festival de Marvão ?

Chr. P. : – La municipalité de Marvão donne de l’argent, ce qui représente un effort considérable pour une petite ville. Et aussi la Junta de Turismo de l’Alentejo, la région où est située Marvão. S’y ajoutent des fonds privés qui, pour la plupart, viennent d’Allemagne. Diverses Fondations allemandes nous aident, ainsi que le Goethe-Institut de Lisbonne.

S.F. :Votre sœur, l’altiste Diemut Poppen, anime depuis plusieurs années le Festival Cantabile à Lisbonne, avec le soutien du Goethe-Institut. Il semblerait que toute la famille se soit éprise du Portugal !

Chr. P. : – C’est très drôle mais, aussi curieux que cela puisse paraître, cette addition de festivals est une pure coïncidence ! Nous n’avons d’ailleurs pas trouvé à connecter nos projets car la distance de Lisbonne à Marvão est trop grande.

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Christoph Poppen. Photo © Sasha Gusov

S.F. :Je voudrais maintenant vous interroger sur l’internationalisation du son orchestral de nos jours, au détriment des caractères spécifiques de chaque pays.

Chr. P. : – Je comparerai cela au problème de la nourriture : tout devient plus international… c’est bien gentil mais des facteurs de personnalisation se perdent ! La sonorité des orchestres s’égalise d’un pays à l’autre. Les différences entre Berlin, Vienne, Philadelphie, ne sont plus aussi considérables qu’elles l’étaient il y a 50 ans. Dans un sens, c’est dommage, mais on ne peut rien y changer. Le niveau technique s’est élevé très au-dessus de ce qu’il fut jamais, cependant nous devons encore travailler sur cette question : comment développer les tempéraments ? Un très important enjeu éducatif se dessine si l’on veut aller au-delà de l’aspect technique et remettre au premier plan la personnalité: comment enrichir la pratique des musiciens par l’apport de la connaissance des Beaux-Arts, de l’Histoire, mais aussi par les disciplines physiques (yoga, maîtrise de la respiration…) ?

Le fait que les orchestres deviennent de plus en plus similaires dans le monde s’accompagne en revanche d’une versatilité accrue, qui donne aux chefs la chance d’exercer plus d’influence. Je pense qu’un chef doté d’une forte personnalité produira plus aisément “sa” sonorité lors de son passage alors qu’autrefois, le résultat sonnait plutôt comme le son de l’orchestre que comme celui du chef invité. Le haut niveau des orchestres, qui semble de prime abord les uniformiser, les rend aussi plus flexibles et ouvre un champ élargi à l’influence du chef. Ainsi, un chef russe fera sonner un même orchestre différemment d’un chef allemand…

S.F. :Mais c’est la récente succession à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Berlin que vous évoquez là !

Chr. P. : – Exactement. Encore que Kirill Petrenko ne soit pas typique de l’école russe, il est un chef très raffiné et coloriste. Je pense que les musiciens de Berlin ont pris une très bonne décision.

S.F. :Comment situeriez-vous la vie orchestrale de Cologne dans ce panorama ?

Chr. P. : – Cologne est une merveilleuse cité musicale, dotée d’une extraordinaire salle de concert où nous faisons nos séries avec le Kölner Kammerorchester. Celui-ci a une belle tradition qui lui vient d’une longue période sans interruption [1964-2008] sous la direction d’Helmut Müller-Brühl; à sa mort [en 2012], les musiciens m’appelèrent. L’idée consiste à développer un jeu sur instruments modernes, mais “historiquement informé”. Les musiciens sont au courant de la pratique sur instruments d’époque, et ils essaient de parler le même langage sur instruments actuels, ce qui fonctionne très bien.

S.F. :Dans le domaine des orchestres symphoniques, Cologne affiche une prestigieuse tradition.

Chr. P. : – Cologne dispose de deux orchestres symphoniques : le Gürzenich dont Günter Wand fut si longtemps le chef se maintient à un très haut niveau, et l’Orchestre de la Radio est fantastique [Kölner Rundfunk-Sinfonie Orchester, dépendant de la WDR].

S.F. :Vous dirigez depuis quelques années le Kölner Kammerorchester, vous êtes aussi “Principal Guest Conductor” au Hong Kong Sinfonietta, aspirez-vous à reprendre la tête d’un orchestre symphonique ?

Chr. P. : – Si l’orchestre me convenant se présentait, pourquoi pas ? Entre orchestre de chambre et orchestre symphonique, je ne saurais exprimer une préférence. J’aime l’orchestre de chambre, mais j’aime aussi diriger une Symphonie de Mahler, ce que vous ne pouvez pas faire avec un effectif réduit ! En fait, j’aime ce qui est adéquat pour chaque type de littérature. Je suis très heureux de diriger les Symphonies de Mozart avec un orchestre de chambre plutôt qu’avec un grand orchestre symphonique, et d’interpréter les Symphonies de Brahms avec un orchestre symphonique.

S.F. :Parlez-nous de quelques-uns de vos souvenirs avec les compositeurs contemporains que vous avez tant joués et enregistrés.

Chr. P. : – Chaque créateur réagit différemment, les uns se montrant plus flexibles que d’autres avec les interprètes. Ainsi Brahms, dans le processus de composition de son Concerto pour violon, fut-il très influencé par Joachim. Les compositeurs marquent des mouvements métronomiques, et quand ils entendent le résultat, ils disent : “ralentissez”, ou “changez cela” ! En fait, il n’est guère facile de trouver la voie pour faire passer l’intensité d’une musique, et ce juste sentiment, vous le trouvez à l’épreuve du concert.

Je me souviens d’Olivier Messiaen, lorsque nous enregistrions [pour EMI] le Quatuor pour la fin du temps avec sa femme Yvonne Loriod. Messiaen, qui vivait alors sa dernière année, vint assister au concert, aux répétitions, aux sessions d’enregistrement. Il exerça une très forte influence sur nous. Il parlait toujours par couleurs : « Plus jaune, plus noir ». Et aussi : « Beaucoup plus lent », toujours plus lent ! Sur le CD, son Thème et Variations pour violon et piano complétait le programme. Nous jouions sur une édition comportant ses propres  indications métronomiques, pourtant Messiaen disait sans cesse : « Beaucoup plus lent… plus lent… plus lent » ! Après l’enregistrement, il fut alors procédé à une nouvelle édition, indiquant des mouvements métronomiques actualisés, beaucoup plus lents.

Un de mes très bons amis est le compositeur et clarinettiste Jörg Widmann. J’apprécie que, dans sa si belle musique, ses indications soient claires : ce qu’il écrit fonctionne  habituellement ! Il s’exprime de manière très communicative.

J’ai aussi travaillé avec Mauricio Kagel, Karlheinz Stockhausen, Wolfgang Rihm, Aribert Reimann que j’aime beaucoup…

S.F. :Vous me permettrez de préférer de loin Jörg Widmann, que je considère comme l’un des plus importants compositeurs de sa génération, à Kagel !

Chr. P. : – Absolument. Vous avez bon goût ! Récemment, nous avons donné l’Île des sirènes pour violon et cordes de Widmann, et il jouait dans le même programme le Concerto pour clarinette de Mozart.

S.F. :Quels projets d’avenir vous tiennent à cœur ?

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Christoph Poppen dirigeant lors du Festival de Marvão 2015. Photo © Paulo Gouveia

Chr. P. : – Je travaille à créer une Académie dont l’objectif serait une éducation de haut niveau en matière de styles et de développement de la personnalité. J’étais il y a quelques jours en Autriche où un important festival pense aussi à fonder une Académie, et je suggérais à ses responsables des programmes d’excellence.

                                                                       Sylviane Falcinelli

[Propos recueillis en anglais – Lisbonne, été 2015]

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